Historique

Il faut remonter dans le dernier quart du 19ème siècle pour comprendre les origines de notre Centre.
Et plus précisément en 1880, lorsqu’’un certain Arthur Regniers voit le jour à Marcinelle.
Fils d’’Emile Regniers, industriel, il fait des études commerciales à Osnabrück (Rhénanie) et commence à travailler, en 1898, dans l’’entreprise paternelle ERCO (firme d’’import/export). A l’’exemple de son père, Arthur va durant toute sa vie manifester sa disponibilité et son dévouement envers les autres.

Dès 1900, on le retrouve parmi les membres de l’’Oeuvre de la Saint-Nicolas à Charleroi. Quelques années plus tard, il en devient le président ce qui lui permettra de militer ardemment pour que les enfants les plus déshérités reçoivent chaque année une généreuse Saint-Nicolas.

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1904 voit son mariage avec Nelly Goffin. De cette union naîtront trois enfants : Suzanne, Jean et Louise.
A la mort de son père, en 1914, Arthur Regniers a 34 ans. Dans un premier temps, il gère l’’entreprise familiale avec son frère Emile-Victor ; il poursuivra l’’aventure seul avant de se faire épauler par son fils, Jean, dès 1925. C’’est d’’ailleurs ce dernier qui prendra progressivement sa succession.

En 1926, il fait partie des membres fondateurs du Rotary Club de Charleroi.

En 1931, il devient l’’administrateur délégué de l’Association Nationale d’Aide aux Enfants Estropiés.

Nombreuses seront encore les œœuvres auxquelles Arthur Regniers s’’intéressera. Il sera également l’’ami de René Thone, Député Permanent qui s’’occupa du secteur social dans le Hainaut durant 25 ans.

En 1932, il hérite de la maison familiale de Bienne-lez-Happart et y habite de façon quasi permanente. De nouveau, toute la population est globalement ou individuellement l’’objet de ses sollicitudes.

Monsieur Arthur Regniers prendra sa retraite en 1945 et s’éteindra le 23 août 1952 à l’’âge de 71 ans dans le pavillon de chasse où il aimait tant se reposer.

… Avant de mourir, il avait décidé de léguer sa villa appelée « Mon Village » à une œœuvre de bienfaisance…
Soucieux d’’honorer les dernières volontés de son père, Jean Regniers cherche alors celui ou celle à qui il lèguera « Mon Village ».

De son côté, Evelyne Drory, maman de Chantal, petite fille atteinte d’’infirmité motrice cérébrale, crée en 1954 la Ligue Nationale belge d’’Aide aux Paralysés Cérébraux. Aidée par d’autres parents désemparés par l’absence de structures pouvant accueillir leurs enfants, elle cherche une « grande maison » où ils pourraient héberger, soigner, éduquer, occuper Chantal et ses amis.

Un jour, Jean Regniers entend Evelyne Drory parler de « ses » paralysés cérébraux et il est conquis. Il y a de quoi !
C’’est pour qu’’il y ait de moins en moins d’enfants comme Chantal qu’’Evelyne Drory est partie en croisade.
D’’abord en condamnant certaines méthodes désuètes lors d’’accouchements difficiles. Puis surtout en sensibilisant l’’opinion sur la nécessité de créer des centres spécialisés où les Infirmes Moteurs Cérébraux seraient traités selon les derniers progrès du savoir médical.

Et de rappeler que la paralysie cérébrale n’entame pratiquement en rien l’’intelligence. Elle résulte d’’un accident à la naissance endommageant une partie du cerveau.

L’’infirme moteur cérébral peut accéder à une occupation ; il n’est pas hors du monde mais nécessite des soins particuliers.

Devant la fougue, la générosité et l’’obstination de cette femme dans son courageux combat, Jean Regniers n’’a aucun mal à convaincre les autres membres de sa famille.

Et c’est ainsi qu’’en septembre 1963, « Mon village », la maison de campagne de Bienne-lez-Happart, devient le Centre Arthur Regniers, en hommage au donateur.

Riche d’’un immeuble et de projets, la Ligue, faute de moyens financiers, ne pouvait pas faire grand-chose. C’est grâce aux fonds recueillis au cours de l’opération 48.81.00 organisée en mars 1962 par la R.T.B que le Centre Arthur Regniers put concrètement voir le jour. Le tout était maintenant de trouver celui qui pourrait le diriger avec compétence et sensibilité…et s’y dévouer.

Enfant du pays, Jean-Marie Bogaert connaît la famille Regniers depuis toujours. Sa mère fut même employée durant de longues années par Emile Regniers, frère d’’Arthur.
Educateur de formation, il travaille depuis quelques années dans une école à Beaumont quand il entend parler de la création d’’un futur centre d’’assistance par le travail pour les paralysés cérébraux, dans la grosse maison de campagne de Bienne-lez-Happart qu’il connaît si bien.
Son vieux rêve de devenir un jour directeur d’’école réveillé, il téléphone à Jean Regniers pour lui proposer sa candidature. Ce dernier le met en contact avec Evelyne Drory qui, de son côté, cherche plutôt dans le monde médical quelqu’’un digne d’’occuper ce poste.
Séduite par l’’enthousiasme de ce jeune homme plein de projets et d’’idéaux, mais aussi par la douceur et la pondération de son épouse qui connaît bien les problèmes des handicapés pour s’être elle-même occupée de sa maman paralysée, elle leur demande d’’exprimer par écrit leur projet à long terme concernant ce futur centre d’’assistance par le travail.
Convaincue par la dizaine de pages ainsi produite, Mme Drory propose au jeune couple d’’installer ses appartements au 1er étage de « Mon Village » durant l’’hiver 1962.
Les aménagements nécessaires à l’’accueil des premiers pensionnaires sont apportés dès le mois d’avril 1963.
Conforté par les conseils « fondateurs » du Docteur André Piraux qui assurera par ailleurs la direction médicale de l’’institution jusqu’en 1989, Mr Bogaert s’’entourera d’une équipe de collaborateurs efficaces et compétents dont Monsieur Michel Mercken en décembre 1964.
C’est ainsi que Mr Bogaert a dirigé le Centre Arthur Regniers jusqu’en mars 2004, tandis que son épouse supervisait l’’Intendance et l’’Economat.

Actuellement, la plupart des collaborateurs des premiers jours sont toujours là. C’est d’ailleurs l’’un d’’entre eux, Monsieur Guy Ribesse qui a repris la Direction de Centre en partenariat avec le Docteur Jean Muller.
Le complexe pilote accueille aujourd’hui plus de 175 infirmes moteurs cérébraux, scolarisables et plus de 220 travailleurs handicapés.
Il emploie également plus de 300 travailleurs valides spécialisés, professeurs, éducateurs, soignants, thérapeutes, techniciens…